novembre 2017

L’ÉDITO .

Novembre… tel un avant-dernier virage précédant le mois des festivités de fin d’année, mais en Thaïlande cette année novembre est le mois où l’on sort d’une période d’immense deuil national durant une année entière. Une année d’un peuple en deuil pour honorer soixante-dix ans de règne d’un roi aimé (le plus long de tous les temps). Les Thaïlandais veulent tous montrer à quel point ils l’ont adoré, car si vous regardez bien, que ce soit dans les lieux publics, devant chaque habitation ou magasin, partout vous remarquerez ces plantes aux fleurs jaunes, appelées « Dao Ruang » en thaï (Calendula officinalis ; le Souci ou Souci officinal en français ; Marigold en anglais) symbolisant la couleur du défunt roi qui était né le lundi dont la couleur attitrée est le jaune, d’où son drapeau personnel royal de la même couleur. Nous pouvons aisément imaginer la majestueuse cérémonie royale d’après les informations quotidiennes décrivant chaque étape des préparations de cette “incineration pharaonesque” comme disait certain media français qui en conclut que la très fastueuse cérémonie de crémation […] coûtera 500 millions de bahts (plus de 13,5 millions d’euros). Des dépenses que nul n’ose remettre en question dans un pays où la parole n’est pas libre. Nous ne pouvons pas rester de marbre face à ce genre d’affirmation. Mais nous ne blâmons pas non plus la personne qui l’a écrit car elle n’est certainement pas la seule à le penser, pour la bonne raison qu’elle ne pouvait pas forcement savoir que selon la coutume thaïlandaise les funérailles sont publiques, tout le monde peut s’inviter aux funérailles même d’un parfait inconnu sans que cela ne soit mal perçu par la famille ou les amis, bien au contraire, le bouddhisme veut que la participation à ces rituels d’adieu soit une bonne manière pour récolter du mérite, car ce n’est que lors de ces tristes moments que nous réalisons pleinement la fatalité de la mort, d’une fin. Ce qui est une très bonne méditation. Chaque invité peut manger et boire à volonté, ce qui implique une contribution financière qui peut être purement symbolique de dix ou vingt bahts jusqu’aux millions selon les capacités de chacun et l’importance de la personne que l’on pleure. Maintenant vous pouvez probablement mieux imaginer les funérailles d’un roi adoré par la très grande majorité de son peuple pendant sept décennies. Le roi est décédé le 13 octobre 2016, au 23 décembre 2016 le Bangkok Post transmet que le Bureau du Palais Royal a enregistré plus de deux millions de personnes en 52 jours qui se sont déplacées pour lui rendre hommage et un taux de don par la population et les entreprises publiques et privées pour aider à la cérémonie royale dépassant les 165 millions de bahts. Sans être thaïlandais ou en côtoyer étroitement, on ne peut absolument pas le deviner, c’est certain. Et si les journalistes se penchaient sur le montant total que le roi a donné au pays ne serait-ce qu’à travers ses 4 447 projets de développements entre 1952 et 2013, nous serions curieux de le savoir.

Dans tous les cas l’importance et la rareté de l’évènement mérite que tous les yeux se tournent pour admirer les véritables funérailles royales thaïlandaises au respect des anciennes traditions siamoises pour la première fois depuis très longtemps, puisque que la dernière incinération royale remonte à 1947 suite à la mort du défunt roi Ananda ou Rama VIII en juin 1946.

Une énorme page se tourne au pays du sourire, cela nous rappelle que nous vivons en constants changements. Rien n’est éternel alors profitons bien du présent ! A commencer par bien fêter Loy Krathong à la fin du mois, l’un des plus beaux festivals thaïlandais dans le cœur des touristes aussi bien que les thaïs.

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